La Conciergerie de la Chevrette
L'origine de la construction de la Chevrette remonte à la Renaissance. Au XVIIème un financier fastueux, Pierre Puget de Montmauron transforme les bâtiments en un magnifique château de plaisance de grande allure entouré d'un vaste parc en partie boisé présentant un grand jardin à la française dessiné par Le Nôtre, avec bassins, jeux d'eau, statues de marbre, bancs de repos. Monsieur et Madame d'Epinay vont hériter du domaine en 1740.
Le XVIIIème est la grande époque de la Chevrette,
véritable Versailles deuillois. Célébré par les écrits et les
peintures de Carmonelle, Madame d’Epinay fera en effet les
honneurs de ses salons aux encyclopédistes et philosophes de
renommée universelle : d’Holbach, Grimm, Diderot en
deviendront les intimes cependant que Jean-Jacques Rousseau y vivra
une période de son existence mouvementée. C’est à cette
époque que le château de la Chevrette connaît ses lettres de
noblesse, l’histoire locale tutoie alors l’histoire
nationale.
Monsieur d’Epinay décède en 1782, sa femme en 1783, le
château deviendra propriété de leur fille, la vicomtesse de
Belsunce. Le vicomte, ne pouvant assumer les frais et les charges
d’un tel édifice préférera le faire démolir en 1786 ainsi
qu’une grande partie des bâtiments annexes. Seuls seront
conservées les grandes écuries et la Conciergerie pour
l’entretien des terres. La ferme et l’orangerie, pour
leur part, disparaissent au cours du XIXème siècle.
Après être restée de nombreuses années à l’abandon, la
Conciergerie du château a été restaurée. Elle accueille
aujourd’hui l’école municipale de musique et le musée
d’histoire locale, où se trouve détaillée notamment
l’histoire de ce domaine.
Les lettres de noblesse sont attestées par le bon nombre de
châteaux et fiefs que la ville possède à cette époque : le château
des Lefèvre d’Ormesson, le château de la Barre, le château de
Crissé et le château de la Chevrette.
Au XIXème siècle, la vigne ravagée par le phylloxera est
remplacée par la culture des arbres fruitiers. Sous l’effet
conjugué de la vague d’industrialisation et de
l’augmentation de la population, la ville amorce la
transformation de son territoire. L’apparition du chemin de
fer est capitale dans l’histoire de la ville. Elle marque la
fin de la vie agricole et le début de l’urbanisation qui va
se développer autour des deux gares. Malgré l’influence
exercée par la capitale. Deuil qui devient Deuil-La Barre en 1952,
garde encore un charme campagnard.
De cette longue et riche histoire, quelques monuments portent
encore témoignage. Mais le visiteur risque d’être quelque peu
déçu puisque mis à part l’église et la Conciergerie du
château, les autres vestiges du passé sont aujourd’hui des
propriétés privées.