Monsieur COLL tenait à le dire car ADP mesure le bruit dans
l'absolu pour autant que chaque individu peut avoir une perception
totalement différente en fonction de certaines situations
particulières par rapport à la gêne sonore.
Monsieur SIGWALD signale qu'un collectif- santé vient de se créer
dans la région, regroupant 200 professionnels de santé. Ils vont
organiser des études sur la gêne sonore avec des grands
spécialistes parisiens de l'ORL et les résultats devraient arriver
dans un an- un an et demi.
Monsieur COLL continue son propos concernant le trafic de nuit
:
A Roissy, il est environ de 10-11% du trafic de jour et c'est une
constante. Le dossier constitué par Monsieur COLL contient une
analyse de la distribution horaire des arrivées et départs sur une
journée- type. Une journée- type est une journée sur laquelle il
est fait un certain nombre d'analyses précises, c'est la journée
considérée, statistiquement, comme étant la plus défavorable en
nombre de mouvements traités par la plate forme, en configuration
de température( les avions
ont plus de peine à s'élever quand il fait beau qu'en hiver), en
nombre d'avions et en
distribution horaire.
La pointe se situe entre 22 et 23 heures, puis on a une pointe
d'arrivées entre 23 et 24 heures, et entre minuit et pratiquement 5
heures du matin, ( sauf entre 1 heure et 2 heure où il y a des
départs qui correspondent à la postale ), les trafics sont au
maximum de 36 avions pour la pointe de 22 h à 23 heures et 1 heure
du matin : 22 avions au départ. Ces élément donnent l'importance
relative du nombre de mouvements (et il ne dit pas de la
gêne).
La gêne, la nuit, est beaucoup plus mal perçue que le jour, compte
tenu notamment des bruits ambiants.
Lorsque Monsieur le Ministre, M.GAYSSOT a autorisé l'extension de
Roissy, un certain nombre d'engagements ont été pris notamment vis
à vis du volume global de bruit. Ces engagements étaient de
garantir que le volume global de bruit de Roissy serait, en tout
état de cause, pour les années futures, malgré la croissance du
trafic, plafonnée à la valeur 1997. Un indice est calculé le jour
et la nuit pour ce volume global de bruit, et, en 1998 et 1999, ADP
a respecté cette contrainte de
plafonnement puisque les chiffres de 1998 étaient en dessous de 6%
et ceux de 1999 étaient en dessous à 3%.
Monsieur COLL prend beaucoup de précautions en disant cela car il
s'agit d'un indice global qui est calculé de la manière suivante :
l'énergie globale sonore de tous les avions qui atterrissent à
Roissy et qui en décollent, pendant une année. Delà, est-ce que
cette diminution globale est celle qui et ressentie par
Deuil-la-Barre ? Il ne le sait pas.
Monsieur le Maire répond que c'est ce que voulait dire Madame le
Ministre, Madame VOYNET, en disant qu'il fallait changer cet indice
car il n'est basé que sur les certifications des avionneurs et des
motoristes, et il est évident qu'ils ne sont pas significatifs de
la gêne réelle.
Monsieur COLL répond qu'effectivement, il y a là une avancée à
faire, probablement pour mieux apprécier comment se répartit cet
indice global de bruit. Il doit y avoir des communes où cela se
passe plutôt mieux ou plutôt plus mal que ce qu'il vient de
dire.
La perte de valeur de l'immobilier : C'est une donnée qui n'est pas
contestable même si un certain nombre d'études ont montré qu'elle
était peut-être moins importante que celle que l'on
imaginait.
A la dernière réunion du Comité Permanent de la CCE de Roissy, une
étude a été réalisée mais il n'en a pas encore les résultats, mais
ils relativiseraient cette donnée.
La diminution de la taille des avions : Il est clair que si le mode
de traitement des passagers aboutissait à une multiplication du
nombre de mouvements par l'accroissement des petits avions, cela
conduirait à une nuisance supérieure. De ce point de vue, il n'est
pas impossible qu'une réflexion se fasse jour sur le problème du
HUB.
Air France comme les grandes compagnies ont mis en place, depuis un
certain nombre d'années, un système de HUB qui traiterait
rapidement des tris. Cela consiste à déterminer un certain nombre
de plages dans la journée( 6 pour Air France), qui permettent de
garantir un temps très réduit de transfert de passagers de vols
nationaux ou européens vers des vols internationaux. L'alimentation
de ces plages conduit effectivement à rapatrier de province et
d'Europe, un certain nombre
d'avions de taille inférieure.
Il est clair qu'ADP estime que ce système a ses limites et qu'il
n'est pas impossible que, dans le futur, compte tenu notamment de
la prise en compte des contraintes environnementales, ce ne soit
plus un système qui soit développé. L'arrivée des nouveaux avions
et des gros avions devrait normalement diminuer ce phénomène, et
les avions de grande capacité aboutiraient donc à une diminution du
nombre de mouvements et donc la réduction des
nuisances.
Monsieur le Sous Préfet demande si ADP sait si, à l'avenir, le
trajet Paris- Marseille en 3 heures, en train, est de nature à
modifier les comportements des usagers ?
Monsieur COLL répond que la 1ère expérience qu'ADP a eue, en la
matière, était la mise en place du TGV sur Paris- Lyon. Il y avait,
à l'époque, une dizaine de rotations d'Air Inter.
ADP a perdu 2 ou 3 000 000 de passagers sur cette destination, ce
qui était conforme aux prévisions. ADP sait parfaitement la perte
de passagers sur le trafic aérien du fait de la mise en service du
TGV Paris- Marseille.
Pourquoi pas sur Bordeaux ?
Cependant, la politique d'ADP est de favoriser, cela paraît
contradictoire par rapport à une entité qui est chargée d'exploiter
des aéroports, l'"inter-modalité", c'est-à-dire pour les courtes et
moyennes distances, et notamment la desserte proche européenne et
la desserte nationale, de favoriser le train plutôt que l'avion de
manière à réserver le trafic sur des destinations beaucoup plus
lointaines qui diminueront le nombre de mouvements d'avions.
ADP l'a démontré car, la gare TGV de Roissy qui a été une volonté
forte du Président LATTIERE d'ADP, a été mis en service un peu
contre les idées de l'époque, et cette gare TGV s'avère être un
outil tout à fait performant de cette inter-modalité. ADP pense
que, pour maîtriser le trafic, il faut aller vers des transferts de
passagers proche européens et nationaux sur les TGV plutôt que sur
l'avion.
Madame SCOLAN rappelle que Monsieur COLL a parlé de plafonnement en
nombre de passagers, et que le trafic de nuit était évalué à
environ 10% du trafic de jour. Elle s'interroge sur le transport du
courrier, par la société FEDEX par exemple. On utilise des avions
cargos. Elle souhaiterait savoir si FEDEX est en pleine activité,
actuellement, s'il fonctionne essentiellement la nuit, sur quelles
pistes ces avions trafiquent, quelle nécessité a fait que ce genre
de société s'implante sur un aéroport si proche d'une ville comme
Paris...
Ne serait-il pas judicieux d'essayer, à l'occasion de
l'implantation d'un 3ème aéroport, d'envisager d'implanter ce genre
de société à proximité ?
Monsieur SIGWALD ajoute que FEDEX n'est pas implantée qu'à Roissy,
mais également au Bourget, qui dépend aussi d'ADP et c'est aussi le
moyen d'augmenter le trafic à proximité de la Ville de Paris, car
Le Bourget est encore plus prêt.
Monsieur COLL dit qu'à sa connaissance, FEDEX n'est que sur Roissy
et pas au Bourget. Avant d'occuper ce poste à Roissy, il était
responsable de l'aéroport du Bourget et il n'a jamais vu d'avions
de FEDEX, même s'il y a un trafic de sociétés implantées au Bourget
qui font du colisage, notamment ALP qui fait un transport vers
Roissy. Le Bourget est une plate forme strictement réservées à
l'aviation d'affaires, et en aucun cas à l'aviation- cargo et
commerciale. Il y a une base aéronavale à côté du Bourget qui
utilise l'infrastructure du Bourget, donc il y a de gros avions,
mais ils ne font ni du trafic commercial, ni du fret.
FEDEX est à Roissy.
Quand cette société est arrivée, elle a choisi Roissy parmi
plusieurs localisations que cette société a étudiées pour y
implanter son centre européen de colisage. C'est une compagnie qui
transporte, dans des délais extrêmement raccourcis, des colis de
toutes sortes et qui a une activité mondialement connue avec une
concurrence forte, car il y a de la demande.
FEDEX s'est implantée à Paris car elle a estimé qu'il y avait une
demande et c'est tout à fait vrai. Le trafic de FEDEX, à l'inverse
de ce que l'on pense, ne se déroule pas du tout sur toute la nuit.
Le dernier avion de FEDEX est à 23-24 heures, il n'y a pas d'avions
après, sauf incident, entre minuit et 5 heures du matin.
En revanche, il y a les avions de l'aéropostale qui eux, étaient
très bruyants, le sont moins, mais ce sont, comme Monsieur le Maire
le disait, des avions dits bruyants, la nuit.
A Roissy, les avions de chapitre 2 (classification en chapitre en
fonction de la nuisance de l'avion ) qui sont les plus bruyants
sont interdits, la nuit, à Roissy, et seront interdits, le jour,
selon une décision européenne, en avril 2002.
On n'aura plus alors d'avions bruyants, que l'on repère bien, dits
"du chapitre 2". A une question qui lui est souvent posée, ceci
s'appliquera à toutes les compagnies, c'est à dire que ce n'est pas
parce qu'une compagnie est d'un pays lointain, qu'elle serait
autorisée à venir à Roissy.
C'est une interdiction pour toutes les compagnies.
Il y a des avions appelés " HUSKITES " car ils sont munis d'un
silencieux qui les ramène dans le bas de la catégorie Chapitre 3.
Ils sont autorisés, ce sont donc les plus bruyants de la catégorie
n° 3 mais sont moins bruyants que la catégorie du chapitre
2.
Ces avions, dans le futur, seront en ligne de mire, par rapport à
l'évolution qui est demandée aux flottes des compagnies, car il est
clair que ces silencieux ne les mettent en aucune manière dans les
meilleurs avions du point de vue du bruit de la catégorie Chapitre
3.
Le trafic de FEDEX est marginal, cette société va-t-elle se
développer ?
Monsieur COLL imagine que FEDEX souhaite se développer en
respectant les contraintes de trafic la nuit. Ce trafic n'est pas
un trafic qui devrait s'étendre sur les heures de 2-3 heures du
matin puisque les contraintes d'approvisionnement et d'atterrissage
sur les autres pays les situent dans la plage de
21-23h.
Monsieur LEGENDRE dit qu'il lui est difficile de croire qu'ADP a eu
des précédents (Orly ), des levées de bouclier, qu'il a eu
connaissance des nuisances à la population et qu'il continue à
construire un aéroport sans tenir compte des problèmes qu'il y a eu
sur les autres aéroports.
Pourquoi Roissy a-t-il été construit en ne tenant pas compte des
connaissances qu'il y avait sur Orly ?
Monsieur LEGENDRE espère que, si un 3ème aéroport est construit, il
sera tenu compte, au moins, des revendications qui ont été faites
sur ces 2 aéroports.
Monsieur COLL ne pense pas qu'à Roissy, on n'ait pas tenu compte de
ces éléments. Il admet qu'on n'ait pas tenu compte des éléments
dont il a connaissance
aujourd'hui.
Il faut savoir que le plan de masse de Roissy date des années
60.
Les premiers travaux ont commencé en 1963-1964, et sa mise en
service a été en 1974. Cela signifie que, dans les années 60,
l'implantation de Roissy a été décidée en prenant en compte un
élément important, c'est le taux d'urbanisation du site qui n'est
pas du tout comparable à celui d'Orly.
Les études actuelles sur les conséquences environnementales, les
problèmes de trajectoires n'ont certainement pas dû être pris en
compte ou beaucoup moins bien qu'on ne le ferait aujourd'hui pour
la simple raison que la composante environnementale, désormais, est
une composante incontournable de toute création et de tout
développement d'aéroport. Il est évident que le 3ème aéroport
intégrera forcément ces données, mais il est également évident
qu'en 1960, les préoccupations n'étaient pas au niveau de celles
faisant l'objet du débat du jour.
Monsieur LEGENDRE demande alors pourquoi ADP a attendu d'en être
aux discussions de ce jour, pour appliquer au moins le minimum qui
est appliqué à Orly.
Monsieur COLL répond que la fermeture, la nuit, de Roissy, qui est
une demande qui existe, n'est pas une décision du ressort d'ADP,
mais du Ministère des Transports. ADP affirme, en toute sérénité,
que la fermeture éventuelle de Roissy, la nuit, poserait toute une
série de problèmes qu'il ne sait pas résoudre en tant qu'exploitant
des plates- formes.
Monsieur COLL a cité l'Aéropostale, et Monsieur le Maire a dit
qu'elle pouvait aller à Vatry. Pourquoi pas ? Aéropostale se
positionnera par rapport à ce type d'hypothèse. FEDEX existe, et
Monsieur COLL ne pense pas que FEDEX, et même DHL, qui est à
Strasbourg, souhaite s'implanter de manière très éloignée de
certaines zones qui sont le marché.
La position d'ADP, aujourd'hui, en tant que gestionnaire des-
plates formes parisiennes (car ADP gère également Le Bourget avec
des contraintes très fortes décidées en même temps, par le Ministre
Monsieur GAYSSOT, que l'autorisation d'étendre Roissy, la fermeture
déjà ancienne d'Orly la nuit, ) est de dire qu'une capitale ne peut
pas se satisfaire de plusieurs aéroports tous fermés la nuit,
sachant que c'est une décision qui relève du Ministère des
Transports.
Monsieur le Maire reprend un des éléments essentiels : Il comprend
très bien ce que Monsieur COLL a dit mais il y a quelque chose qui
le choque : le fait que FEDEX ou DHL ne souhaitent pas, pour des
raisons de profit, aller ailleurs qu'à Roissy, est assez secondaire
par rapport à la tranquillité de 400 000 personnes dans cette
vallée.
Ce n'est pas de la responsabilité de Monsieur COLL, et Monsieur le
Maire se tourne vers le représentant de l'Etat et lui dit qu'il y a
là certainement des choses à dire et à faire.
Il n'y a pas de raisons que FEDEX soit installé à Roissy parce que
Francfort n'en a pas voulu.
Monsieur COLL, qui rencontre régulièrement le PDG de FEDEX, dit que
son problème, compte tenu de la situation actuelle, est qu'il ne
peut pas accompagner sa propre croissance. Aujourd'hui, FEDEX est
dans une situation très difficile pour de multiples raisons,
notamment pour recruter des gens. Il est très en attente des
décisions du Gouvernement puisqu'il y a également des problèmes
de
diversification...
Monsieur COLL pense qu'en terme de stratégie d'entreprise, FEDEX
focalise la totalité de son développement sur Roissy. En ce moment,
il a le problème factuel d'être un peu bloqué dans son
développement pour des raisons tout à fait étrangères au problèmes
d'ADP. Il lui a dit qu'il attendait impatiemment la décision du
Gouvernement, car si elle devait être positive, il avait peut-être
à se repositionner sur le territoire national.
Au nombre de ce qui peut être constructif dans ce genre de réunion,
Monsieur COLL reçoit bien la requête de Monsieur le Maire. Il n'a
pas capacité à limiter FEDEX dans son développement.
Monsieur MANDIT dit qu'en tant qu'élu, il ressent bien le
ras-le-bol des habitants de Deuil et c'est un problème sérieux qui
ne doit pas être une concertation a posteriori, car il y a bien eu
au moment de la décision de l'extension, une légère concertation.
Il avait écrit au Ministère, ainsi qu'à des parlementaires qui ont
posé des questions écrites au Gouvernement, à ce propos.